Centre Henri-Becquerel à Rouen | Un bâtiment pont de 150 tonnes
À Rouen, le centre de lutte contre le cancer Henri-Becquerel se dote d’un bâtiment-pont de 650 m². Cette structure courbée sur trois niveaux enjambe la rue d’Amiens pour relier le nouveau bâtiment CHB-1 (17 000 m²) à l’extension de CHB-2 (3 000 m²). Un véritable défi d’ingénierie pour le BET Ingérop.
Confiée à SMB Constructions métalliques, la charpente métallique de 150 tonnes associe un mix acier-béton habillé de façades vitrées sur mesure. Les brise-soleils colorés qui rythment l’enveloppe s’inspirent d’un tableau de la série des « Cathédrales » de Monet, pixellisé par l’agence d’architecture Groupe-6 pour reproduire sa palette chromatique.
Le marché, d’un montant de 72 M€ HT — dont 50 M€ pour Eiffage Construction, s’inscrit dans un investissement global de 120 M€, financé intégralement par le CHB. Les entreprises mobilisées sont à 80 % normandes.
Fait notable : l’établissement a obtenu une pré-certification Well, une première européenne pour un hôpital. Qualité de l’air, lumière naturelle, matériaux et même ambiance olfactive à base de cidre ont été pensés pour le bien-être des patients. Livraison prévue au premier trimestre 2027.
BIM obligatoire | Les acteurs français réclament d’abord un cadre structuré
Dans le cadre de la révision des directives Marchés publics de 2014, la Commission européenne envisage d’imposer le BIM pour certains contrats de la commande publiqueEn France, les principales fédérations du secteur — FFB, Syntec-Ingénierie et FNTP — jugent cette obligation prématurée.
Leur constat est unanime : la maîtrise d’ouvrage n’a pas encore atteint un niveau de maturité suffisant. La FFB plaide pour un déploiement progressif, dès l’instruction des permis de construire, plutôt qu’un empilement de nouvelles exigences. Sans cadre clair, le BIM risque de se réduire à une formalité administrative sans réelle valeur ajoutée.
Syntec-Ingénierie soulève un autre point crucial : la rémunération. Trop souvent, les maîtres d’ouvrage considèrent le BIM comme un simple changement d’outil, sans compensation financière pour la maîtrise d’œuvre. La fédération milite pour un transfert de valeur de la construction vers la conception.
Côté travaux publics, la FNTP pointe l’incompatibilité des solutions logicielles et mise sur l’open source et l’intelligence artificielle pour démocratiser l’usage du BIM. L’objectif à terme : combiner BIM, SIG et IA pour aboutir à de véritables jumeaux numériques opérationnels en exploitation.
Câbles dynamiques | Les défis techniques de l’éolien flottant
L’éolien flottant ne se gagne pas seulement en hauteur, mais aussi en profondeur. Au salon FOWT 2026 à Montpellier, des ingénieurs ont mis en lumière les câbles dynamiques, maillon critique trop souvent négligé de la filière.
Contrairement à l’éolien posé, les plateformes flottantes soumettent leurs câbles à des cycles de fatigue permanents : pilonnement, roulis, tangage. Pour y répondre, l’approche déterministe classique cède la place à une méthodologie basée sur le risque, associant modélisation numérique et essais itératifs.
Côté architecture, la configuration en étoile avec collecteurs sous-marins remplace progressivement le schéma en guirlande. Résultat : une réduction des pannes en cascade et un gain de rendement estimé entre 1,8 et 2 %. Cette standardisation ouvre la voie à la production en série, à condition de maîtriser les connecteurs haute tension (66 kV) raccordés directement aux fonds marins.
Pour les parcs distants du littoral, le recours au courant continu haute tension (HVDC) devient incontournable, avec des câbles d’export jusqu’à 525 kV étudiés sur des sous-stations flottantes.
Surprise de taille : la biologie marine pourrait devenir un allié. La croissance d’organismes sur les câbles atténue les vibrations, réduit l’usure mécanique, et permet d’éviter des solutions de stabilisation qui dépassent 10 000 € l’unité.
Charpente métallique | Baudin Châteauneuf digitalise le contrôle qualité
Le spécialiste français de la charpente métallique Baudin Châteauneuf a intégré réalité augmentée et réalité virtuelle au cœur de son atelier de Châteauneuf-sur-Loire. Résultat : une transformation des processus de contrôle qualité et de fabrication.
Concrètement, les opérateurs utilisent une tablette ou des lunettes HoloLens (Microsoft) pour superposer la maquette numérique IFC à la pièce physique. La précision atteint 1 mm au contact des repères, 5 mm à dix mètres de distance. Le gain de temps est significatif : une pièce contrôlée en dix minutes contre deux heures auparavant.
La réalité virtuelle sert également à l’implantation des structures en atelier, sans décamètre ni calcul manuel. Les écarts entre points théoriques et relevés sont automatiquement générés dans un procès-verbal de contrôle, partagé sur une plateforme collaborative. Autre avancée majeure : les montages à blanc, chronophages et gourmands en espace, sont désormais réalisés en version numérique depuis quatre ans.
« Nous avons beaucoup moins de reprises en atelier », confirme Vincent Dausset, ingénieur expert en modélisation numérique. Une rentabilité prouvée qui pousse l’entreprise à envisager le déploiement de ces technologies directement sur chantier.
Sur le même sujet
20 avril 2026
L’actualité des concepteurs : Architectes d’intérieur n°17
03 avril 2026