Cette semaine, l’actualité des architectes navigue entre stratégie internationale, politique du logement, réflexion de fond et démonstration concrète. Au programme : la reconduction de Réda Amalou à la présidence de l’Afex, le plan ambitieux du gouvernement pour relancer la construction de logements, deux jours de débats franciliens autour de la valeur architecturale, et l’exemple inspirant d’une halle publique bretonne qui redéfinit la centralité urbaine.
Architectes

Réda Amalou réélu | L’Afex consolide sa stratégie internationale

L’assemblée générale du 20 janvier a reconduit Réda Amalou à la présidence de l’Afex (Architectes Français à l’EXport) pour un mandat de deux ans. Ce vote unanime confirme la stabilité d’une association qui fête son trentième anniversaire cette année. Le bureau reste inchangé tandis que le conseil d’administration se renouvelle partiellement.

Architecte et cofondateur de l’agence parisienne AW² en 1997, Reda Amalou apporte une expertise internationale acquise depuis ses débuts dans des agences londoniennes. De nombreux projets ont jalonné son parcours : hôtellerie de luxe, bureaux, lycées et logements. Diplômé de l’University of East London, il incarne le profil biculturel valorisé par l’association.

Membre du bureau depuis 2006, il préside l’Afex depuis 2022. Cette reconduction intervient alors que l’architecture française fait face à des enjeux stratégiques sur les marchés internationaux. La feuille de route 2026-2028 sera rapidement définie pour capitaliser sur les réalisations des architectes français à l’étranger et renforcer les partenariats institutionnels, confirmant ainsi la mission première de l’association.

400 000 logements par an | L’ambition du ministre du Logement

Le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, dévoile un plan de relance ambitieux visant 2 millions de logements supplémentaires d’ici 2030, soit 400 000 constructions par an dès 2026. Face aux 275 000 mises en chantier enregistrées en 2025, le gouvernement mise sur un dispositif de défiscalisation dézoné, avec plafonnement des loyers en contrepartie de l’avantage fiscal.

Limité aux immeubles collectifs (pour des raisons juridiques), le dispositif devrait générer 50 000 logements neufs annuels. Les bailleurs sociaux bénéficieront d’une baisse de 200 M€ de la RLS (Réduction du Loyer de Solidarité) et le gouvernement cible 125 000 HLM dès cette année, contre 71 000 en 2024. Un comité de suivi impliquant l’Alliance pour le Logement, Action Logement et la Caisse des Dépôts sera mis en place.

Le plan prévoit aussi un « choc de simplification » des procédures administratives et urbanistiques, inspiré des JO 2024. Le ministre envisage un ajustement de la RE 2020, avec un possible report de l’échéance 2028. Concernant les passoires thermiques, une proposition de loi permettrait aux propriétaires bailleurs de continuer à percevoir des loyers trois à cinq ans au-delà de l’interdiction, pour financer les rénovations. La question centrale de la solvabilisation des ménages reste toutefois en suspens.

Architecture et transitions | Deux jours pour repenser la valeur du bâti

Le Conseil régional de l’Ordre des architectes d’Île-de-France (Croaif) lance sa deuxième édition des Assises franciliennes, programmée les 8 et 9 avril 2026, avec comme sujet majeur la valeur architecturale face aux défis contemporains.

Dans un contexte de profondes mutations— écologiques, économiques et démocratiques — ces journées visent à décrypter comment se construit cette valeur. L’événement réunira l’ensemble des acteurs du secteur pour analyser son incarnation concrète dans les pratiques professionnelles quotidiennes.

Le programme s’articule sur deux sites stratégiques. L’École d’architecture de Versailles accueillera la première journée, en favorisant les échanges intergénérationnels et la réflexion critique. Le siège parisien du Croaif, aux Récollets, hébergera la seconde journée avec des formats variés : débats, ateliers et tables rondes.

La volonté affichée de la profession est d’affirmer l’architecture comme acte global — politique, social, culturel, environnemental et technique. Les participants croiseront expériences terrain, recherches académiques et engagements professionnels pour redéfinir collectivement la valeur architecturale contemporaine.

Architecture publique | Le pari gagnant d’une commune bretonne

Dans le Finistère, la commune de Pont-de-Buis-lès-Quimerch s’est dotée d’un équipement public audacieux : une halle de marché en forme de parapluie inversé. Conçue par l’agence rennaise BRA, cette structure métallique semi-circulaire de 20 mètres de diamètre offre 480 m² d’espace couvert sans point d’appui central.

Dépourvue de centre historique, cette ancienne cité ouvrière de 3 700 habitants,  trouve enfin son point de convergence. L’édifice s’implante sur l’emprise de l’ancienne gare, consolidant ainsi la centralité émergente autour de la halte SNCF et des commerces existants.

La conception privilégie la polyvalence : la forme conique permet d’accueillir les usages variés, des étals traditionnels aux camions-magasins. Un système de rideaux en toile micro-perforée transforme la halle ouverte en espace clos selon les besoins. Un oculus de 5 mètres de diamètre éclaire le micro-jardin central qui fait office d’impluvium.

Avec un investissement de 1,2 million d’euros HT, ce projet démontre qu’une architecture contemporaine ambitieuse peut créer de l’identité urbaine, même dans les petites communes. Depuis avril 2025, l’équipement accueille marchés hebdomadaires et événements culturels.

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